La tranquillité de l'esprit

Le point important est votre expiration. Au lieu d’essayer de revenir à vous en inspirant, disparaissez dans la vacuité en expirant.
Commencez par expirer doucement puis inspirer. La tranquillité d’esprit se trouve après la fin de l’expiration. Si vous expirez doucement, sans même essayer d’expirer, vous accédez à la parfaite tranquillité de votre esprit. Vous n’existez plus. Quand vous expirez de cette façon, alors naturellement votre inspiration repart de là. Un sang renouvelé par cet apport extérieur irrigue votre corps. Vous vous sentez complètement revivifié. Puis, vous commencez à expirer, à élargir cette sensation de fraîcheur jusqu’à la vacuité.
Si vous pratiquez de cette façon à votre dernier instant, vous n’aurez rien à craindre. La vacuité est, en fait, ce vers quoi vous tendez. Vous devenez un avec toutes choses après avoir complètement expiré avec cette sensation. Si vous êtes encore vivant, bien sûr, vous inspirerez de nouveau. « Oh, je suis encore vivant ! Heureusement ou malheureusement » Puis vous commencez à expirer et vous disparaissez dans la vacuité. Peut-être ne savez-vous pas de quelle sensation il s’agit. Certains d’entre vous la connaissent pourtant. Vous avez sans doute déjà éprouvé une sensation de ce genre.
Quand vous vous adonnez à cette pratique, vous ne vous mettez plus aussi facilement en colère. Lorsque l’inspiration vous préoccupe plus que l’expiration, vous êtes plus irritable. On s’agrippe sans relâche à la vie...
Prendre soin de l’expiration est très important. Mourir est plus important que s’agripper à la vie. S’agripper inlassablement à la vie ne nous apporte que des ennuis. Plutôt que de nous agripper à la vie et de nous démener, si nous pouvons être calmes et mourir ou nous fondre dans la vacuité, alors naturellement tout ira bien.
in Esprit zen esprit neuf Shunryu Suzuki




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